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 Lettre de N. Mandela

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la beille

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Nombre de messages : 40
Date d'inscription : 24/06/2007

MessageSujet: Lettre de N. Mandela   Sam 9 Fév - 15:30

Une lettre formidable de Nelson Mandella à Thomas Friedman du New york Times. la traduction est faite par Miraille Rumeau Amitiés March 28, 2001


TRADUCTION :

28 mars 2001

Lettre de Nelson Mandela, ancien Président d'Afrique du Sud, à Thomas L. Friedman, éditorialiste au New York Times. Traduite par Mireille Rumeau


Cher Thomas,

Je sais que vous et moi sommes impatients de voir la paix au Moyen Orient, mais avant que vous continuiez à parler des conditions nécessaires d'un point de vue israélien, vous devez savoir ce que j'en pense. Par où commencer ? Disons 1964.

Permettez-moi de citer mes propres paroles lors de mon procès. Elles sont aussi justes aujourd'hui qu'elles l'étaient à l'époque : "J'ai combattu la domination blanche et j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société démocratique et libre au sein de laquelle tous vivraient ensemble, en harmonie, et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère atteindre. Mais s'il le faut, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir."

Aujourd'hui, le monde, noir et blanc, reconnaît que l'Apartheid n'a pas d'avenir. En Afrique du Sud, il s'est terminé grâce à notre propre action de masse décisive, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne massive de défi et autres actions ne pouvait qu'aboutir à l'établissement de la Démocratie.
Il est peut-être étrange pour vous d'observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d'Apartheid. Votre article récent "Bush's First Memo", dans le New York Times du 27 mars 2001, le démontre.

Vous semblez surpris d'entendre qu'il y a toujours des problèmes de 1948 à résoudre, dont le plus important est le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le conflit palestino-israélien n'est pas qu'un problème d'occupation militaire et Israël n'est pas un pays qui a été créé "normalement" et qui s'est mis à occuper un autre pays en 1967. Les Palestiniens ne luttent pas pour un "Etat" mais pour la liberté, la libération et l'égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.

Au cours de ces dernières années, et en particulier lorsque le Parti Travailliste était au gouvernement, Israël a montré qu'il n'avait même pas l'intention de rendre ce qu'il avait occupé en 1967, que les colonies resteraient, que Jérusalem serait sous souveraineté exclusivement israélienne et que les Palestiniens n'auraient pas d'Etat indépendant mais qu'ils seraient placés sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l'air, de l'eau et de la mer.

Israël ne pensait pas à un "Etat" mais à une "séparation". La valeur de la séparation se mesure en terme de la capacité d'Israël à garder juif l'Etat juif, et pas d'avoir une minorité palestinienne qui pourrait devenir une majorité, dans l'avenir. Si cela arrivait, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat laïque ou bi-national, soit à devenir un Etat d'Apartheid, non seulement de fait, mais aussi de droit.

Thomas, si vous suivez les sondages israéliens au cours des 30-40 dernières années, vous verrez clairement un racisme grossier, avec un tiers de la population qui se déclare ouvertement raciste. Ce racisme est de la nature de "Je hais les Arabes", et "Je souhaite que les Arabes meurent". Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu'il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu'il y a déjà deux systèmes judiciaires à l'œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l'autre pour la vie juive.

De plus, il y a deux approches différentes pour la propriété et pour la terre. La propriété palestinienne n'est pas reconnue comme propriété privée puisqu'elle peut être confisquée

Pour l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire à prendre en compte. Les soi-disant "Zones autonomes palestiniennes" sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d'Apartheid.

L'Etat palestinien ne peut pas être un sous-produit de l'Etat juif, juste pour garder la pureté juive d'Israël. La discrimination raciale d'Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens. Parce qu'Israël est un Etat juif, les Juifs israéliens ont des droits particuliers dont les non Juifs ne bénéficient pas. Les Arabes palestiniens n'ont aucune place dans un Etat "juif".

L'Apartheid est un crime contre l'humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants.
Les réponses de l’Afrique du Sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d’apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l’on puisse parler d’une paix juste et durable au Moyen Orient et de la fin de la politique d’apartheid.

Thomas, je n’abandonne pas la diplomatie du Moyen Orient, mais je ne serai pas complaisant avec vous comme le sont vos supporters. Si vous voulez la paix et la démocratie, je vous soutiendrai. Si vous voulez formaliser l’apartheid, nous ne vous soutiendrons pas. Si vous voulez soutenir la discrimination raciale et le nettoyage ethnique, nous nous opposerons à vous. Quand vous aurez pris votre décision, passez moi un coup de fil.

Nelson Mandela, 28 mars 2001

Original :
To: Thomas L. Friedman (columnist New York Times) From: Nelson Mandela (former President South Africa) Dear Thomas, I know that you and I long for peace in the Middle East, but before you continue to talk about necessary conditions from an Israeli perspective, you need to know what's on my mind. Where to begin? How about 1964. Let me quote my own words during my trial. They are true today as they were then: "I have fought against white domination and I have fought against black domination. I have cherished the ideal of a democratic and free society in which all persons live together in harmony and with equal opportunities. It is an ideal which I hope to live for and to achieve. But if needs be, it is an ideal for which I am prepared to die." Today the world, black and white, recognise that Apartheid has no future. In South Africa it has been ended by our own decisive mass action in order to build peace and security. That mass campaign of defiance and other actions could only culminate in the establishment of Democracy. Perhaps it is strange for you to observe the situation in Palestine or more specifically, the structure of political and cultural relationships between Palestinians and Israelis, as an Apartheid system. This is because you incorrectly think that the problem of Palestine began in 1967. This was demonstrated in your recent column "Bush's First Memo" in the New York Times on March 27, 2001. You seem to be surprised to hear that there are still problems of 1948 to be solved, the most important component of which is the right to return of Palestinian refugees. The Palestinian-Israeli conflict is not just an issue of military occupation and Israel is not a country that was established "normally" and happened to occupy another country in 1967. Palestinians are not struggling for a "state" but for freedom, liberation and equality, just like we were struggling for freedom in South Africa. In the last few years, and especially during the reign of the Labour Party, Israel showed that it was not even willing to return what it occupied in 1967; that Settlements remain, Jerusalem would be under exclusive Israeli sovereignty, and Palestinians would not have an independent state, but would be under Israeli economic domination with Israeli control of borders, land, air, water and sea. Israel was not thinking of a "state" but of "separation". The value of separation is measured in terms of the ability of Israel to keep the Jewish state Jewish, and not to have a Palestinian minority that could have the opportunity to become a majority at some time in the future. If this takes place, it would force Israel to either become a secular democratic or bi-national state, or to turn into a state of Apartheid not only de facto, but also de jure. Thomas, if you follow the polls in Israel for the last 30 or 40 years, you clearly find a vulgar racism that includes a third of the population who openly declare themselves to be racist. This racism is of the nature of "I hate Arabs" and "I wish Arabs would be dead". If you also follow the judicial system in Israel you will see there is discrimination against Palestinians, and if you further consider the 1967 Occupied Territories you will find there are already two judicial systems in operation that represent two different approaches to human life: one for Palestinian life and the other for Jewish life. Additionally there are two different approaches to property and to land. Palestinian property is not recognised as private property because it can be confiscated. As to the Israeli occupation of the West Bank and Gaza, there is an additional factor. The so-called "Palestinian autonomous areas" are Bantustans. These are restricted entities within the power structure of the Israeli Apartheid system. The Palestinian state cannot be the by-product of the Jewish state, just in order to keep the Jewish purity of Israel. Israel's racial discrimination is daily life of most Palestinians. Since Israel is a Jewish state, Israeli Jews are able to accrue special rights which non-Jews cannot do. Palestinian Arabs have no place in a "Jewish" state. Apartheid is a crime against humanity. Israel has deprived millions of Palestinians of their liberty and property. It has perpetuated a system of gross racial discrimination and inequality. It has systematically incarcerated and tortured thousands of Palestinians, contrary to the rules of international law. It has, in particular, waged a war against a civilian population, in particular children. The responses made by South Africa to human rights abuses emanating from the removal policies and Apartheid policies respectively, shed light on what Israeli society must necessarily go through before one can speak of a just and lasting peace in the Middle East and an end to its Apartheid policies. Thomas, I'm not abandoning Mideast diplomacy. But I'm not going to indulge you the way your supporters do. If you want peace and democracy, I will support you. If you want formal Apartheid, we will not support you. If you want to support racial discrimination and ethnic cleansing, we will oppose you. When you figure out what you're about, give me a call.

Nelson Mandela, 28 mars 2001
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azedine
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MessageSujet: Israel, pire que l'apartheid   Ven 28 Mai - 23:04

Merci Monsieur Mandela de soutenir le peuple palestien qui souffre en subissant les foudres et la cruauté indescriptible de cette nation fondée sur le vol en bande organisée(terres, biens immobiliers, sources en eau etc...), la violence, le racisme, ainsi que que le cynisme profond en s'attaquant et en annexant aussi une partie des états voisins; et ceci en toute impunité depuis plus de soixante ans.
Je n'oublie pas de rappeller aux chèrs lecteurs que cet état qui se prétend le plus moral et le plus humaniste du monde(Elie Wisel, Simon Perez) a été jadis la seule nation avec la nouvelle Zélande à soutenir inconditionnellement et avec la plus grande ignominie, cette politique infâme de l'apartheid.En effet, l'état d'Israel a fourni le matériel anti émeute et formé la police sud africaine afin de réprimer de la manière la plus sangante et la plus humiliante le brave et pacifiste peuple zoulou.
Lors de la chute de ce régime odieux, Nelson Mandela a déclarer"Nous ne savons que trop bien que notre liberté demeurera incomplète sans la liberté des palestiniens".
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